Mis à jour : septembre 2026 · 9 min de lecture
Location touristique · Espagne

Louer son appartement en Espagne à des touristes en 2026 : ce qu’il faut maintenant que la Cour suprême a annulé le registre

En mai et juin 2026, la Cour suprême espagnole a annulé, par trois arrêts, le registre unique national des locations de courte durée : le numéro que les plateformes exigeaient depuis juillet 2025 n’est plus nécessaire. Beaucoup de propriétaires y ont lu « on peut désormais louer librement » — à tort : seule la couche nationale est tombée ; quatre autres subsistent et continuent de donner lieu à des amendes. Ci-dessous, dans l’ordre : quoi faire avant la première réservation, combien de temps cela prend et ce que coûte l’impôt selon votre résidence.

Cette page est pour vous si :
• vous possédez un appartement ou une maison en Espagne et voulez le louer en entier, ou une chambre, à la nuit ou à la semaine ;
• vous êtes un particulier, pas un hôtel ni une société de gestion ;
• vous vivez en Espagne ou à l’étranger (pour l’impôt, c’est la différence principale) ;
• vous voulez l’ordre des étapes et le coût, pas contester une amende déjà notifiée (c’est une autre page).

Ce qu’il me faut pour louer légalement

Cinq couches au lieu d’un registre : répondez à cinq questions et obtenez l’ordre de vos démarches, les délais et votre taux d’imposition.

Estimation indicative, pas un conseil juridique. Vérifié : 29.09.2026. · Sources: BOE — STS (Sala Tercera) de 19.05.2026 sobre el RD 1312/2024, Registro Único de Arrendamientos (BOE-A-2026-12300) · BOE — Ley 49/1960 de Propiedad Horizontal, arts. 7.3 y 17.12 · BOE — RD 933/2021 (registro documental de hospedaje) · BOE — RDLeg 5/2004 (IRNR), art. 25 · BOE — Ley 29/1994 de Arrendamientos Urbanos, art. 3 (arrendamiento por temporada) · Ministerio del Interior — Hospedajes y alquiler de vehículos (preguntas frecuentes)

Ce que la Cour suprême a annulé — et ce qui reste

Le registre qui, depuis le 1er juillet 2025, attribuait un numéro via le Registro de la Propiedad a été annulé en entier : la procédure elle-même, l’obligation d’obtenir un numéro et de le transmettre aux plateformes, et les contrôles de ce numéro ont été jugés hors des compétences de l’État. Ne sont pas annulés : le guichet numérique d’échange de données entre plateformes et administrations, la définition de la location de courte durée et les obligations des plateformes au titre du règlement européen. Pour vous :

Préparer mon plan et mes documents

  • plus nécessaire : le numéro national, ses confirmations annuelles, les démarches au Registro de la Propiedad ;
  • toujours nécessaire : la licence ou l’inscription régionale, l’accord de la copropriété, l’enregistrement des voyageurs auprès de la police, l’impôt ;
  • la plateforme peut exiger le numéro régional si votre région en a un, et retirer l’annonce sans lui.

Couche 1. La copropriété : un « oui » exprès aux trois cinquièmes

Depuis avril 2025, le propriétaire qui veut louer à des touristes doit obtenir au préalable l’approbation expresse de l’assemblée : les trois cinquièmes de tous les copropriétaires, représentant les trois cinquièmes des tantièmes. Le silence de la copropriété ne vaut pas approbation. Sans procès-verbal, le président peut exiger l’arrêt, puis saisir le juge, qui peut interdire l’activité et, dans les cas graves, priver du droit d’usage du logement jusqu’à trois ans.

Que faire : demander par écrit au président d’inscrire le point à l’ordre du jour ; l’assemblée vote ; le procès-verbal avec le résultat est votre pièce pour la licence dans les régions qui le demandent. À la même majorité, la copropriété peut vous imposer une majoration des charges communes, plafonnée à 20 %. Les décisions n’ont pas d’effet rétroactif : si vous louiez légalement avant le changement des règles, une nouvelle interdiction ne vous atteint pas automatiquement — mais c’est alors un litige, pas une règle. Règle transitoire : qui louait légalement à des touristes avant le 3 avril 2025 en respectant déjà les règles touristiques régionales continue aux mêmes conditions sans nouvel accord.

Délai : une assemblée (un à deux mois avec la convocation). Coût : zéro, hors majoration.

NAVIPréparer mon plan de location

NAVI indiquera la prochaine étape.

0/800 caractères

Couche 2. Région et commune : licence ou déclaration

Le tourisme est une compétence régionale et, le registre annulé, c’est la seule couche administrative. Chaque région a son registre des logements touristiques, ses exigences pour le logement (certificat d’habitabilité, climatisation, plan d’évacuation, plaque à l’entrée) et sa réponse à la question clé : délivre-t-on encore de nouvelles autorisations là où se trouve votre appartement. Plusieurs villes ont des moratoires ou des plans d’extinction ; là, une nouvelle licence est impossible, et aucun arrêt de la Cour suprême n’y change rien.

Que faire : trouvez votre région dans l’outil ; déposez la déclaration ou la demande au registre régional ; attendez le numéro ; inscrivez-le dans l’annonce. Dans plusieurs régions, on ne peut pas louer aux touristes des chambres de son propre logement : vérifiez avant d’acheter des meubles.

RégionCe qu’il faut avant la première réservationValiditéSeuil « touristique »ChambresAmende pour location sans déclaration
CatalogneTitre communal ; dans 262 communes (Barcelone comprise), licence d’urbanisme en plusLicence 5 ans ; logements en activité : à obtenir avant novembre 2028jusqu’à 31 joursNon ; seul le « foyer partagé » (vous vivez avec les voyageurs, ≤4 places)3 001–60 000 € ; non-respect des conditions, jusqu’à 600 000 €
Îles BaléaresDéclaration ; plus de nouvelles déclarations pour les appartements en copropriété depuis le 16.04.20255 ans renouvelablesséjour ≤30 nuitsNon30 001–50 000 € (annonce), 50 001–500 000 € (location)
Îles CanariesDéclaration au cabildo + cédula urbanística ; logement de plus de 10 ans (5 à El Hierro, La Gomera, La Palma)5 ans (10 sur les trois petites îles)jusqu’à 31 jours (depuis le 15.08.2026) ; « occasionnel » ≤15 jours par anHébergement touristique : renseignez-vous auprès du cabildo30 001–300 000 €
AndalousieDéclaration → registre RTA ; code dans les annonces ; limites communales (Malaga, Séville)Indéfiniejusqu’à 2 mois à la même personneOui, si vous habitez le logement, ≤6 places2 001–18 000 €
MadridDéclaration + CIVUT d’un architecte → registre ; la ville de Madrid a ses propres exigencesIndéfiniePas de seuilNon, logement entier seulement30 001–300 000 €
Communauté valencienneRapport communal de compatibilité → déclaration → registre5 ansjusqu’à 10 joursNon100 001–600 000 €
Pays basqueDéclaration préalable ; en zone tendue, nouvelles suspenduesIndéfiniejusqu’à 31 jours, ≥2 fois par anRégime à part avec sa propre déclaration10 001–100 000 €
GaliceDéclaration préalable ; code REAT dans les annoncesIndéfinie<30 jours, ≥2 fois par anNon901–9 000 €
MurcieDéclaration avant de commencer ; détail dans le décret régionalIndéfinieÀ vérifierÀ vérifier1 001–10 000 €
AragonDéclaration au département du tourismeIndéfinieÀ vérifierNon, logement entier seulement601–6 000 €

Note : les communes fixent leurs propres limites et moratoires (Barcelone, Madrid, Malaga, Séville, Valence, Palma) : vérifiez le plan de votre ville en mairie avant de déposer. Autres régions : choisissez « Autre région » dans l’outil et utilisez le registre des logements touristiques de votre communauté.

Couche 3. La police : chaque voyageur enregistré

Quiconque fournit un hébergement payant — à titre professionnel ou non — doit déclarer l’activité au registre du ministère de l’Intérieur avant de commencer, puis communiquer les données des voyageurs via la plateforme SES.Hospedajes. Ce n’est pas une règle « pour les hôtels » : elle a été écrite précisément pour les logements loués via des portails. La plateforme de réservation ne le fait pas à votre place.

Que faire : vous enregistrer une fois comme titulaire de l’activité ; ensuite, pour chaque contrat, envoyer deux communications — immédiatement et au plus tard sous 24 heures : lors de la réservation ou de la conclusion du contrat (et en cas d’annulation) et à l’arrivée ; à l’arrivée, chaque personne de plus de 14 ans signe, les données d’un enfant sont fournies par l’adulte qui l’accompagne. Si vous ne louez pas à titre professionnel, vous n’avez pas à tenir votre propre registre, mais les communications sont obligatoires. Coût : zéro. Le manquement est sanctionné par la loi sur la sécurité citoyenne.

Couche 4. L’impôt : trois taux différents

  • Résident d’Espagne. Le revenu de la location touristique entre dans l’IRPF au barème général ; l’abattement de 50 % ou plus accordé pour la location d’un logement à titre de résidence permanente ne s’applique pas ici. Les charges (intérêts d’emprunt, IBI, assurance, amortissement, fournitures) se déduisent au prorata des jours loués ; pour les jours vides, un revenu est imputé, comme pour toute résidence secondaire.
  • Résident d’un autre pays de l’UE ou de l’EEE. 19 % sur le revenu net : les charges des jours loués sont déductibles si vous prouvez leur lien avec le revenu. Déclaration : modelo 210, pour chaque trimestre avec revenus.
  • Résident hors UE (Royaume-Uni, Russie, États-Unis, Suisse). 24 % sur le revenu brut, sans charges, modelo 210.
  • TVA. Tant que vous ne faites que remettre les clés et nettoyer entre deux séjours, la location est exonérée. Ménage pendant le séjour, changement du linge, petits-déjeuners : c’est un service de type hôtelier, avec TVA et, en règle générale, statut d’entrepreneur. C’est la façon la plus courante de changer de régime fiscal sans s’en apercevoir.

Couche 5. La plateforme

Depuis le 20 mai 2026, les plateformes appliquent le règlement européen : là où existe un enregistrement régional, elles doivent afficher le numéro dans l’annonce et retirer l’annonce à la demande de l’autorité. L’annulation du registre national n’a pas supprimé ces obligations ; seule la source du numéro a changé. Si la plateforme continue d’exiger le numéro national, citez les arrêts de la Cour suprême (dates dans l’en-tête de cette page) et saisissez le numéro régional.

Trois cas fréquents

Vous avez déjà la licence régionale. Rien de nouveau : retirez le numéro national de l’annonce, vérifiez que le numéro régional est en cours de validité (dans plusieurs régions les licences expirent désormais et se renouvellent) et que vous avez le procès-verbal de la copropriété si vous avez commencé après avril 2025.

La copropriété a voté contre. La licence régionale n’annule pas l’interdiction : vous ne pouvez pas louer à des touristes. Options : un nouveau vote (statuts et décisions changent à la même majorité des trois cinquièmes), une location saisonnière de plusieurs mois par contrat ordinaire, ou la location longue durée.

Vous louez à la saison à des étudiants ou des travailleurs. Au sens de la loi sur les baux, c’est une location « de temporada », et une véritable location saisonnière peut échapper au régime touristique ; mais la nécessité d’une licence régionale ne dépend pas du nom du contrat, elle dépend de la définition de votre communauté autonome et des faits : durée, canal de commercialisation et répétition. Le contrat doit indiquer sincèrement la cause de la durée (études, travail, soins), pas déguiser du tourisme ; vérifiez le seuil et le critère de votre région dans l’outil ci-dessus. Le registre du ministère de l’Intérieur reste obligatoire : selon la position du ministère, il s’applique quels que soient la forme et la durée de la location dès lors que le logement n’est pas loué comme habitation, ce qui est le cas d’une location saisonnière pour études ou travail. Si le logement est commercialisé via des plateformes touristiques ou à la nuitée, dans la plupart des régions c’est une présomption de location touristique, mais pas une règle générale : en Andalousie un contrat de plus de deux mois d’affilée avec le même locataire, dans la Communauté valencienne à partir de 11 jours, aux Baléares plus de 30 nuits et en Catalogne plus de 31 jours restent hors du régime touristique quel que soit le canal ; en Galice, ce n’est pas le canal mais la répétition qui rend la location touristique — deux contrats courts ou plus par an ; au Pays basque, le canal ou cette même répétition. Vérifiez le seuil de votre région dans le tableau des régions.

Pièges

  • « Le registre est annulé, donc tout est permis. » Une couche sur cinq est tombée. Les amendes pour location sans licence régionale sont infligées par les régions, et la Cour n’y a pas touché.
  • Commencer avant le procès-verbal de la copropriété. Depuis avril 2025, l’accord précède la première réservation ; « personne ne s’est opposé » n’est pas un procès-verbal.
  • Les services hôteliers « pour la note ». Ménage quotidien et petits-déjeuners vous font passer à la TVA et au statut d’entrepreneur.
  • Acheter « pour Airbnb » dans une ville sous moratoire. D’abord, la commune délivre-t-elle encore des licences ; ensuite, l’appartement.
  • Ne pas enregistrer les voyageurs. L’enregistrement policier est obligatoire même pour une chambre ; la plateforme ne le remplace pas.

Affaires réelles : huit décisions sur ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire depuis l’annulation du registre

Le Tribunal suprême a annulé le registre national des locations de courte durée mais rejeté le reste du recours : les licences régionales et les règles des plateformes tiennent. La région de Valence a attaqué le décret royal qui, depuis juillet 2025, imposait un numéro délivré par le Registro de la Propiedad et interdisait sans lui toute annonce de courte durée sur les plateformes. Le 19 mai 2026, le Tribunal suprême a jugé que l’État n’a pas compétence pour créer une telle procédure : le registre lui-même, l’obligation de s’inscrire et d’obtenir un numéro, ainsi que les contrôles de ce numéro sont annulés. Deux semaines plus tard, la même conclusion a été reprise dans le recours des associations catalanes d’appartements touristiques.

Ce qui n’allait pas de soi. Le dispositif n’annule que les articles relatifs au registre et au numéro et « rejette le recours pour le surplus » : le guichet numérique d’échange de données entre plateformes et administrations, la définition de la location de courte durée et les obligations des plateformes issues du règlement de l’UE restent en vigueur.

Résultat : le numéro national n’est plus nécessaire ni pour louer ni pour publier une annonce ; personne n’a rien payé à personne dans cette affaire, hormis les dépens. L’arrêt ne prévoit aucun remboursement des sommes versées pour un numéro.

C’est l’événement qui justifie cette page. Il n’en découle pas « on peut désormais louer librement » : les quatre autres couches — copropriété, région, police, fisc — n’ont pas été touchées par la juridiction.

Tribunal suprême d’Espagne, chambre du contentieux administratif, troisième section · 19.05.2026 · № 620/2026 · ECLI:ES:TS:2026:2148

Un studio du centre de Barcelone sur Airbnb sans numéro du registre catalan : amende de 60 001 € confirmée alors qu’aucun touriste n’y a séjourné. En novembre 2024, l’inspection de la mairie de Barcelone a trouvé sur la plateforme l’annonce d’un studio du quartier de Sant Antoni sans numéro du registre touristique de Catalogne. Les inspecteurs ont tenté deux fois de le réserver pour quatre nuits et ont obtenu des prix d’environ 100 € la nuit. Selon le plan de la ville, ce logement ne pouvait obtenir de licence. La mairie a infligé l’amende minimale pour infraction très grave. Le propriétaire objectait que les notifications avaient été reçues par sa locataire, qu’il était salarié et non entreprise touristique, et que la réservation n’avait jamais été finalisée.

Ce qui n’allait pas de soi. Le tribunal a retenu comme infraction l’annonce elle-même sans numéro de registre, non le séjour ; et le responsable est le propriétaire du logement, ni la plateforme ni celui qui gérait réellement l’appartement.

Résultat : amende de 60 001 € confirmée intégralement, sans dépens. C’est un jugement de première instance de juillet 2026 ; à la date de vérification, on ignorait s’il avait fait l’objet d’un appel.

L’échelle catalane des amendes pour location sans habilitation commence à 60 001 € pour les infractions très graves, et Barcelone l’applique aux propriétaires ordinaires. L’annulation du registre national n’y change rien : le registre est régional.

Tribunal de première instance de Barcelone, section du contentieux administratif · 14.07.2026 · № 279/2026 · STICA 759/2026 · ECLI:ES:TICA:2026:759

Madrid a infligé 30 001 € à un propriétaire pour un logement touristique sans accès indépendant ; le tribunal a annulé l’amende parce qu’en 2018 la mairie elle-même disait que cet accès n’était pas exigé. Le propriétaire a déposé la déclaration de début d’activité touristique en avril 2018. La mairie de Madrid lui a ensuite ordonné de cesser, a imposé une astreinte puis, en juin 2023, une amende pour usage incompatible avec les règles d’urbanisme : le logement n’avait pas d’accès indépendant. Le tribunal de première instance a confirmé l’amende. La chambre d’appel a constaté qu’en 2018 la mairie soutenait publiquement qu’un accès indépendant n’était pas exigé lorsque le logement touristique n’occupait pas tout l’immeuble.

Ce qui n’allait pas de soi. Pas de faute, pas de sanction : le propriétaire qui a agi en se fiant à la position officielle publiée par l’administration ne peut être sanctionné. Mais l’annulation de l’amende ne légalise pas l’activité : l’ordre de cesser n’a pas été révoqué.

Résultat : amende de 30 001 € annulée, dépens de première instance à la charge de la mairie. Le sort du logement lui-même ne ressort pas de l’arrêt.

Conservez tout ce que l’administration publiait au moment où vous avez commencé : captures d’écran, courriers, réponses. C’est la seule chose qui a protégé ce propriétaire, et cela protège contre l’amende, pas le droit de continuer.

Tribunal supérieur de justice de Madrid, chambre du contentieux administratif, deuxième section · 26.01.2026 · № 81/2026 · STSJ M 585/2026 · ECLI:ES:TSJM:2026:585

Une copropriété madrilène a interdit la location touristique aux trois cinquièmes ; le propriétaire exigeait l’unanimité et a perdu devant le Tribunal suprême. L’assemblée a adopté une résolution interdisant l’activité d’appartements touristiques dans l’immeuble. Plus des trois cinquièmes des propriétaires et des quotes-parts ont voté pour, mais il y a eu une voix contre et une abstention. La société propriétaire de l’appartement a contesté la résolution : restreindre le droit de propriété exigeait, selon elle, l’unanimité. Le tribunal de première instance l’a déboutée, la cour d’appel lui a donné raison. Le 3 octobre 2024, la formation plénière de la chambre civile du Tribunal suprême a cassé l’arrêt d’appel et, le même jour, a tranché dans le même sens un litige de Marbella.

Ce qui n’allait pas de soi. La Cour a dit clairement pourquoi l’unanimité est impossible : la voix « contre » du propriétaire de l’appartement lui-même bloquerait alors toute interdiction. Trois cinquièmes des propriétaires représentant trois cinquièmes des quotes-parts suffisent.

Résultat : pourvoi de la copropriété accueilli, l’interdiction tient ; le propriétaire paie les dépens de l’appel. Aucune somme d’argent dans l’arrêt.

Depuis avril 2025 cette doctrine est inscrite dans la loi : à la même majorité, la copropriété non seulement interdit, mais doit vous autoriser au préalable à louer. Votre propre voix n’arrêtera pas une interdiction.

Tribunal suprême d’Espagne, chambre civile, formation plénière · 03.10.2024 · № 1232/2024 · STS 4790/2024 · ECLI:ES:TS:2024:4790

Le règlement d’un immeuble de Saint-Sébastien interdisait dans les appartements « toute activité économique » sans mentionner les touristes ; le Tribunal suprême a jugé que la location touristique tombe sous l’interdiction. Les règles de la copropriété interdisaient d’affecter les appartements à un bureau, un cabinet, une clinique ou « toute activité économique », sauf autorisation unanime de la cage d’escalier. Un groupe de propriétaires a demandé au tribunal de déclarer que la location de courte durée et la location touristique échappaient à cette interdiction. Deux juridictions ont refusé ; le 29 novembre 2023, le Tribunal suprême a rejeté le pourvoi et confirmé l’arrêt.

Ce qui n’allait pas de soi. Le mot « touristique » n’a pas à figurer dans le règlement : louer à des touristes est une activité économique du même genre que les exemples énumérés, et l’interdiction la couvre.

Résultat : les propriétaires ont perdu, paient les dépens des deux recours et perdent leurs consignations ; aucune indemnité dans l’affaire. À la même période, dans une affaire d’Oviedo, la Cour a ordonné la cessation de la location touristique de deux appartements sous un règlement similaire.

Avant d’acheter un appartement « pour louer », lisez le règlement mot à mot. Une interdiction d’« activité économique » est une interdiction des touristes, et elle s’applique quelle que soit la licence régionale.

Tribunal suprême d’Espagne, chambre civile · 29.11.2023 · № 1671/2023 · STS 5199/2023 · ECLI:ES:TS:2023:5199

L’issue inverse : le règlement décrivait les appartements comme « logement du propriétaire ou du locataire » et n’interdisait que cliniques et activités nuisibles — insuffisant pour interdire la location touristique. La copropriété d’un immeuble madrilène a assigné le propriétaire d’un appartement touristique en invoquant le règlement. Le tribunal de première instance a rejeté la demande, la cour d’appel a donné raison à la copropriété. Le 18 février 2025, le Tribunal suprême a cassé l’arrêt d’appel : le règlement se borne à décrire la destination des appartements et à énumérer des activités nuisibles interdites, sans interdiction claire, précise et expresse de l’usage touristique.

Ce qui n’allait pas de soi. Une restriction du droit de propriété doit être exprimée clairement et expressément ; une description vague comme « logement » n’exclut pas les touristes. Les affaires 4 et 5 de cette page ne se contredisent pas : ce sont les deux faces d’une même règle.

Résultat : le propriétaire de l’appartement a gagné, le jugement de première instance a été rétabli ; aucune somme d’argent.

Si le règlement de votre immeuble est muet ou vague, une interdiction n’est possible que par une nouvelle résolution de l’assemblée aux trois cinquièmes — et elle n’a pas d’effet rétroactif.

Tribunal suprême d’Espagne, chambre civile · 18.02.2025 · № 264/2025 · STS 725/2025 · ECLI:ES:TS:2025:725

Les propriétaires de studios parisiens ont tenté d’abattre le régime local d’autorisation avec le droit de l’UE sur la libre prestation de services ; la Cour de justice a répondu que la pénurie de logements justifie l’autorisation préalable. Deux sociétés louaient de façon répétée des studios meublés à Paris pour de courtes durées sans autorisation de changement d’usage. Les juridictions françaises ont prononcé des amendes et ordonné le retour des locaux à l’habitation ; la Cour de cassation a demandé à la Cour de justice si le régime parisien était compatible avec la directive « services ». Le 22 septembre 2020, la grande chambre a répondu qu’un régime d’autorisation préalable dans les communes où la tension sur les loyers est marquée, instauré pour garantir une offre suffisante de logements de longue durée à prix abordables, est justifié par une raison impérieuse d’intérêt général et proportionné.

Ce qui n’allait pas de soi. Même l’obligation de « compensation » — transformer un autre local en logement en échange de celui qui est loué — a été admise par la Cour. Le droit de l’UE n’abroge pas les moratoires municipaux.

Résultat : la règle est posée, et les amendes françaises de 15 000 € par studio ont ensuite été confirmées par la Cour de cassation.

L’argument « le règlement européen sur la location de courte durée m’autorise à louer » ne fonctionne pas : le règlement de 2024 régit l’échange de données, tandis qu’autoriser ou interdire reste le droit de la ville et de la région.

Cour de justice de l’Union européenne, grande chambre · 22.09.2020 · ECLI:EU:C:2020:743

Airbnb contestait la loi italienne obligeant la plateforme à déclarer les contrats de location et à retenir l’impôt sur les loyers ; la Cour de justice a jugé les deux obligations admissibles. Le régime italien de 2017 pour les locations de 30 jours au plus obligeait les intermédiaires à communiquer au fisc les données des contrats et à retenir l’impôt à la source lorsque le paiement passait par eux, et les non-résidents à désigner un représentant fiscal en Italie. Airbnb Ireland a attaqué le régime et le Conseil d’État italien a saisi la Cour de justice. Arrêt du 22 décembre 2022 : collecter et transmettre les données et retenir l’impôt ne violent pas la libre prestation de services ; l’obligation de désigner un représentant fiscal, si.

Ce qui n’allait pas de soi. Une plateforme peut légalement devenir l’agent fiscal de l’État : les données de votre location et une partie du paiement partent au fisc directement depuis elle.

Résultat : la règle est posée, aucune amende n’a été infligée dans l’affaire elle-même ; la loi italienne prévoyait de 500 à 5 000 € en cas de manquement de la plateforme.

En Espagne, les plateformes déclarent déjà les revenus des hôtes selon les règles européennes d’échange de données. Un revenu de location par plateforme non déclaré n’est pas un risque, c’est une question de temps.

Cour de justice de l’Union européenne, deuxième chambre · 22.12.2022 · ECLI:EU:C:2022:1018

Six affaires viennent des juridictions espagnoles, deux de la Cour de justice de l’UE. Ensemble elles tracent la frontière : le numéro national a disparu, la copropriété, la région et le fisc restent. Nous vérifions votre logement sur les cinq couches.

Préparer mon plan de location

Ce que RightNOW fait pour vous

Nous vérifions votre région et votre commune, constituons le dossier pour le registre régional, rédigeons la demande au président de la copropriété et le texte pour le vote, calculons l’impôt selon votre résidence et vous disons si vous êtes déjà passé à la TVA. Si une annonce a été retirée ou une amende est arrivée, c’est une voie de recours à part.

✓ Gratuit · ✓ Sans compte · ✓ Quelques minutes

FAQ

Dois-je réenregistrer quelque chose après l’annulation ?

Non : le numéro national a été annulé et rien ne le remplace. Le registre régional reste tel quel.

Puis-je louer une chambre de l’appartement où je vis ?

Cela dépend de la région : certaines n’admettent que des logements entiers, d’autres autorisent les chambres avec des limites. L’accord de la copropriété et l’enregistrement des voyageurs s’appliquent aussi à une chambre.

Combien de jours par an puis-je louer sans licence ?

Il n’existe pas en Espagne de seuil national « jusqu’à N jours sans licence » : ce qui rend une location touristique, c’est le format (meublé, commercialisé par des canaux touristiques, à but lucratif) et la règle régionale, pas le nombre de jours. Certaines régions fixent un seuil de durée : voyez l’outil.

Et l’argent payé pour le numéro national ?

Les arrêts ne disent rien des remboursements ; c’est une réclamation distincte contre l’organisme qui a encaissé. N’attendez pas de remboursement automatique.

La plateforme a retiré mon annonce en exigeant un numéro.

Vérifiez lequel : le numéro régional est obligatoire là où il existe ; le national, non. Une réponse à la plateforme citant les dates des arrêts de la Cour suprême règle en général la question.

Sources

Ce que RightNOW fait pour vous Préparer mon plan et mes documents

📩 Les étrangers sont les derniers informés de ce qui les concerne directement — lois, règles, nouvelles taxes et opportunités.

Nous, on n’oublie pas. Laissez votre email — on vous explique simplement, dans votre langue.

Vérifié par l’équipe RightNOW · Historique des modifications
  1. La participation à l’OVHcloud Startup Program a été retirée ; la marque OVHcloud et le badge de membre ne sont plus affichés. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  2. La présentation des marques des programmes a été mise à jour dans le pied de page commun. Le texte de la page n’a pas changé. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  3. La présentation du Pacte pour l’IA mentionne désormais les engagements volontaires signés du pilier II et renvoie à la liste des signataires de la Commission européenne. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  4. La participation au pilier I du pacte européen pour l’IA a été ajoutée aux informations sur les programmes. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  5. La participation au Google for Startups Cloud Program et à l’OVHcloud Startup Program a été ajoutée. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  6. Les marques des programmes et de certification ont été ajoutées au pied de page commun. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  7. Base légale, délais et montants revérifiés auprès des sources officielles. Versions: RU, EN, ES, FR, DE, NL, PL
  8. Page publiée.

Ce guide est une information générale sur le droit espagnol, pas un avis juridique sur votre dossier. Les règles évoluent et le résultat dépend de vos faits et documents : vérifiez votre situation avant d’agir.

Plan de protection · abonnement

Besoin d'une protection au quotidien, pas seulement d'une vérification ponctuelle ?

Inclus : vérification de documents espagnols, courriers, demandes et contrats avant signature, plans d'action, consultation et envoi de vos réclamations par burofax.

29,90 € / mois TVA incluse. Ouvrir le plan de protection

Programmes et certification

Retour en haut
© 2026 RightNOW · Legal Notice · Privacy Policy · Terms · About · Contact