Mis à jour : octobre 2026 · 8 min de lecture
Médiation · Famille · Espagne

Médiation familiale en Espagne : convenir de la séparation, de la garde et de l’héritage sans guerre

Une séparation ou un divorce, la garde et le droit de visite des enfants, un héritage qui oppose les frères et sœurs, une entreprise familiale qui se brise… Ce sont parmi les conflits les plus douloureux — et parmi ceux qui profitent le plus de la médiation (mediación). Un médiateur neutre aide les deux parties à s’entendre, avec calme et respect, au lieu de se déchirer au tribunal. Elle est volontaire et confidentielle. Important : en séparation/divorce et dans certaines questions familiales, la loi exige que le juge ratifie l’accord ou fixe les mesures ; la médiation vous aide à trouver cet accord — elle ne remplace pas la ratification judiciaire là où celle-ci est requise.

Ce qu’est la médiation familiale

La médiation (mediación) est un moyen de résoudre un conflit avec l’aide d’un tiers neutre (le médiateur), qui ne décide pas à votre place : il aide les deux parties à parler et à trouver leur propre accord.

Commencer la médiation

Elle est régie par la Ley 5/2012 sur la médiation en matière civile et commerciale. Elle est volontaire, confidentielle et menée par un médiateur impartial.

En famille, elle convient pour convenir d’une séparation ou d’un divorce, de la garde et du droit de visite, de la pension, du partage d’un héritage entre héritiers ou de l’avenir d’une entreprise familiale.

Le but n’est pas de « gagner » mais un accord que les deux parties peuvent tenir — et qui protège l’essentiel : avant tout, les enfants.

À qui elle sert

  • Aux couples qui se séparent ou divorcent et préfèrent s’entendre plutôt que se battre au tribunal.
  • Aux parents qui doivent convenir de la garde, des visites et de la pension en pensant aux enfants.
  • Aux héritiers en conflit sur le partage d’un héritage.
  • Aux familles avec une entreprise commune qui se tend entre associés qui sont aussi parents.
NAVIMon litige — la médiation convient-elle et quelle suite

NAVI vérifie si la médiation (MASC) convient et la suite.

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Pourquoi ça marche

  • Elle résout avec moins de stress, de temps et de coût qu’un procès contentieux : des jours ou des semaines au lieu d’années.
  • L’accord est construit par les parties, donc mieux respecté et la tension familiale baisse.
  • Elle est confidentielle : ce qui est dit en médiation ne peut pas être utilisé ensuite au tribunal.
  • Elle protège la relation future — vous restez parents, frères et sœurs ou associés — au lieu de laisser des blessures pour des années.
  • La médiation est l’un des MASC (modes adéquats de résolution des litiges) : la tenter compte comme l’étape préalable exigée avant d’aller au tribunal, pour la part librement disponible du conflit.

La limite légale : ce que le juge ratifie

  • En séparation et divorce, les mesures sont régies par des règles spéciales (art. 102 et 103 du Code civil) : la médiation vous aide à les convenir, mais le juge doit toujours ratifier la convention ou fixer les mesures là où la loi l’exige.
  • Certaines questions familiales ne sont pas librement disponibles (par exemple tout ce qui touche aux mineurs) : là, la médiation sert à trouver un accord que le juge examine ensuite dans l’intérêt de l’enfant.
  • La médiation NE remplace PAS la ratification judiciaire là où la loi l’exige ; elle la facilite, en arrivant avec un accord déjà convenu et clair.
  • Pour ce qui est disponible (par exemple le partage d’un héritage ou un pacte entre associés d’une entreprise familiale), l’accord peut avoir en lui-même une force exécutoire.

Quoi préparer

  • Un résumé posé du conflit : ce qu’il faut décider, avec qui, et ce qui compte vraiment pour vous.
  • Les faits de base : les enfants et leurs besoins, revenus et dépenses, biens, dettes, ce qui marchait déjà.
  • Des documents utiles : contrat de mariage, actes, testament ou partage, comptes de l’entreprise.
  • Votre marge réelle : ce qui est non négociable (en général le bien-être des enfants) et où vous pouvez céder.

Comment ça marche avec RightNOW

  • Vous nous racontez la situation (ce qu’il faut convenir, avec qui, ce qui vous inquiète). Nous évaluons si la médiation convient.
  • Nous proposons la médiation à l’autre partie avec tact, pour qu’elle s’asseye sans se sentir attaquée.
  • Un médiateur impartial mène les séances (en présentiel ou en ligne) et aide à construire l’accord.
  • L’accord de médiation (acuerdo de mediación) est rédigé avec ce qui a été convenu (garde, visites, pension, partage…) — clair et respectueux.
  • Il est porté là où la loi l’exige : la convention de séparation/divorce va au tribunal lorsqu’il y a des enfants mineurs non émancipés ou des enfants majeurs sous mesures de soutien judiciaires confiées à leurs parents (art. 81 et 82.2 du Code civil) ; sans ces enfants, la convention par consentement mutuel peut être formalisée devant le greffier (letrado de la Administración de Justicia) ou en acte notarié, avec avocat (art. 82 et 87). Les enfants majeurs ou mineurs émancipés qui vivent au domicile familial sans revenus propres doivent aussi consentir devant le greffier ou le notaire aux mesures qui les concernent (art. 82.1). La part disponible (héritage, associés) peut être élevée en acte notarié comme titre exécutoire (título ejecutivo).

Affaire réelle : l’ex-mari s’est tu pendant 30 jours — et cela a suffi pour que la demande en divorce soit admise

À Murcie, une femme a introduit une demande en divorce contentieux avec des mesures disputées : garde des enfants et droit de visite, pension alimentaire, qui reste dans le logement familial. Le 16 septembre 2025, le tribunal de première instance a refusé d’admettre la demande : selon la nouvelle loi 1/2025, une étape préalable documentée (MASC) est exigée, et le tribunal n’a pas accepté un burofax comme cette étape. Avant d’agir, elle avait envoyé à son mari un burofax proposant de négocier tous ces points, sans recevoir de réponse. Le 5 février 2026, la quatrième section de l’Audiencia Provincial de Murcie a annulé le refus et ordonné l’admission de la demande. Un burofax, a expliqué la cour, prouve la date d’envoi, la date de réception, l’identité des deux parties et le contenu de la proposition, et permet au destinataire d’accéder au texte intégral ; il constitue donc une tentative de négociation de bonne foi, et l’article 10 de la loi 1/2025 permet de prouver la tentative par tout document montrant que l’autre partie a reçu l’invitation à négocier ou la proposition, à quelle date, et qu’elle a pu la lire en entier. Le burofax a été envoyé à l’adresse connue du mari avec la mention « avis déposé dans la boîte aux lettres » ; aucune réponse écrite n’est arrivée dans les trente jours. La cour s’est appuyée sur la jurisprudence du Tribunal suprême relative à la force probante du burofax et a ajouté l’essentiel : la passivité du destinataire ne peut pas priver d’effet juridique une communication fiable, « l’efficacité d’un acte juridique ne peut pas dépendre de la volonté de celui à qui il est adressé ». Après trente jours sans réponse, l’étape préalable est réputée tentée sans succès, l’exigence procédurale est remplie et la demande doit être admise. Pas de condamnation aux dépens, consignation d’appel restituée ; l’ordonnance n’est susceptible d’aucun recours.

Ce qui n’était pas évident. « Il ne répond pas » n’est pas une impasse, mais l’une des issues prévues par la loi : trente jours calendaires de silence clôturent l’étape préalable tout comme un refus. Mais cela ne fonctionne qu’à deux conditions, que la cour a vérifiées sur pièces : la proposition était précise, sur les mêmes points que ceux soulevés ensuite dans la demande, et la remise a été prouvée par un document indiquant la date et le contenu. Un « j’ai proposé de trouver un accord » dit oralement ne passe pas ce test ; une attestation de médiation infructueuse ou un burofax le passent. La médiation familiale fonctionne de la même façon : une invitation écrite à une séance est déjà une étape, même si l’autre partie ne vient jamais.

Résultat : le refus d’admission a été annulé et la demande en divorce admise ; pas de dépens, consignation d’appel restituée. Le prix du silence du défendeur : des mois perdus entre septembre 2025 et février 2026, et une négociation qui se déroulera désormais devant le tribunal.

Les règles sont en vigueur : article 5.1 de la loi 1/2025, l’étape préalable conditionne l’admission de la demande et l’objet de la négociation doit correspondre à l’objet du litige ; article 7.1, à compter de la date de la tentative de remise de la demande, la prescription est interrompue et le délai de déchéance (caducidad) suspendu, et le décompte reprend s’il n’y a ni réponse écrite ni première réunion dans les trente jours calendaires ; article 10.2, la tentative peut être prouvée par tout document attestant la réception de la demande, sa date et l’accès à son contenu intégral. Il s’agit d’une ordonnance d’une cour provinciale qui ne crée pas de précédent contraignant, mais elle montre comment les tribunaux lisent ces trois articles lorsque l’autre partie garde le silence.

Audiencia Provincial de Murcie, quatrième section — communication du CGPJ · 05.02.2026 · № 72/2026

Le guide ci-dessus explique que, sans tentative d’accord, le tribunal n’admettra désormais plus la demande. Cette affaire montre ce qui compte comme tentative lorsque l’autre partie ne répond pas du tout, et comment le prouver.

Préparer ma médiation familiale

Erreurs fréquentes

  • Aller droit à un contentieux par douleur ou colère, alors qu’il y avait de la marge pour s’entendre.
  • Utiliser les enfants comme monnaie d’échange : la médiation est justement bâtie pour les protéger.
  • Croire que la médiation évite de passer devant le juge en séparation/divorce : là où la loi exige une ratification, il faut aller au tribunal.
  • Convenir verbalement sans l’écrire, ni le porter là où la loi l’exige.
  • Laisser un héritage empoisonner la relation entre frères et sœurs pendant des années alors que le partage pouvait être convenu.

L’accord et sa force légale

  • L’accord de médiation (acuerdo de mediación) met par écrit ce que les parties ont convenu.
  • Pour ce qui est librement disponible (héritage, pacte entre associés), il peut être élevé en acte notarié devant notaire et devenir un titre exécutoire (título ejecutivo).
  • En séparation/divorce avec des enfants mineurs non émancipés ou des enfants majeurs sous mesures de soutien judiciaires confiées à leurs parents, l’accord est porté au tribunal pour approbation (art. 90.2 du Code civil) : la médiation la facilite, mais ne remplace pas la décision du juge. Sans ces enfants, la convention peut être formalisée devant le greffier ou le notaire (avec le consentement des enfants majeurs ou émancipés vivant au foyer sans revenus propres, pour ce qui les concerne) ; dès l’approbation judiciaire ou l’acte, ce qui a été convenu peut être exécuté par la vía de apremio.
  • La confidentialité tient : ce qui a été abordé en médiation n’est pas porté au tribunal.

Racontez-nous la situation familiale

Décrivez ce que vous devez convenir (séparation, garde, héritage, entreprise) : NAVI évalue si la médiation convient, explique les étapes et organise la médiation avec respect et calme.

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Questions fréquentes

La médiation remplace-t-elle le juge dans un divorce ?

Non. Lorsqu’il y a des enfants mineurs non émancipés ou des enfants majeurs sous mesures de soutien judiciaires confiées à leurs parents, la séparation ou le divorce sont prononcés par le tribunal et le juge approuve la convention (art. 81 et 90.2 du Code civil). Sans ces enfants, la convention par consentement mutuel peut être formalisée devant le greffier (letrado de la Administración de Justicia) ou en acte notarié, avec avocat (art. 82 et 87). Les enfants majeurs ou mineurs émancipés qui vivent au domicile familial sans revenus propres doivent aussi consentir devant le greffier ou le notaire aux mesures qui les concernent (art. 82.1). La médiation vous aide à trouver cet accord — elle ne remplace pas l’approbation du juge, du greffier ou du notaire.

Sert-elle pour la garde et les visites ?

Oui, très bien : elle aide à s’entendre en pensant aux enfants. Le juge l’examine ensuite dans leur intérêt, mais arriver avec un accord déjà trouvé profite en général à tous.

Et pour un héritage entre frères et sœurs ?

Oui. Le partage d’un héritage est en général disponible : l’accord peut être élevé en acte notarié et avoir une force exécutoire, évitant un procès entre héritiers.

Est-elle obligatoire pour l’autre partie ?

Non. La médiation est volontaire : nul n’est forcé d’accepter. Mais la tenter compte comme l’étape préalable (MASC) pour la part disponible du conflit.

Est-ce moins cher qu’un contentieux ?

En général oui, et bien moins usant : cela se résout en jours ou semaines, pas en années, et fait baisser la tension familiale.

Est-ce confidentiel ?

Oui. Ce qui est dit en médiation est confidentiel et ne peut pas être utilisé ensuite au tribunal.

L’accord peut-il être exécuté ?

Pour la part disponible, élevé en acte notarié, c’est un titre exécutoire (título ejecutivo). En séparation/divorce, il prend effet une fois ratifié par le juge là où la loi l’exige.

Sources officielles

À titre informatif, pas un conseil juridique. La médiation est volontaire ; en séparation/divorce et dans les questions touchant aux mineurs, le juge ratifie là où la loi l’exige. Mis à jour : octobre 2026 (voie notariale ou devant le greffier sans enfants mineurs non émancipés ni enfants majeurs sous mesures de soutien confiées aux parents : art. 81, 82 et 87 du Code civil).

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Rédigé par Iván Pustovalov, médiateur inscrit au registre du ministère de la Justice espagnol · Historique des modifications
  1. La participation à l’OVHcloud Startup Program a été retirée ; la marque OVHcloud et le badge de membre ne sont plus affichés. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  2. La présentation des marques des programmes a été mise à jour dans le pied de page commun. Le texte de la page n’a pas changé. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  3. La présentation du Pacte pour l’IA mentionne désormais les engagements volontaires signés du pilier II et renvoie à la liste des signataires de la Commission européenne. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  4. La participation au pilier I du pacte européen pour l’IA a été ajoutée aux informations sur les programmes. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  5. La participation au Google for Startups Cloud Program et à l’OVHcloud Startup Program a été ajoutée. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  6. Les marques des programmes et de certification ont été ajoutées au pied de page commun. Versions: EN, ES, RU, FR, RO, PT, AR, UK, DE, NL, PL
  7. Affaire réelle reprise comme leçon : ce qui n’était pas évident, l’issue et le lien vers la décision. Versions: ES, EN, RU, FR, RO
  8. Des formulations d’une révision linguistique antérieure ont été appliquées ; la page n’a pas été relue. Versions: RU, EN
  9. Base légale, délais et montants revérifiés auprès des sources officielles. Versions: ES, EN, RU, FR, RO
  10. Relecture linguistique : formulations et termes vérifiés, corrections appliquées. Versions: RU, EN
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  12. Base légale, délais et montants revérifiés auprès des sources officielles.
  13. Page publiée.

Ce guide est une information générale sur le droit espagnol, pas un avis juridique sur votre dossier. Les règles évoluent et le résultat dépend de vos faits et documents : vérifiez votre situation avant d’agir.

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